Commerce extérieur : comment remonter la pente

Michel Volle

Auteur : Michel Volle
Publié le 3 Oct 2012 dans nos réflexions & propositions

Cerveau d'oeuvre de l'Institut de l'iconomie

Les échanges extérieurs se rééquilibrent. Non, pas en France, hélas, mais dans les pays de l’Europe du Sud. C’est ainsi que l’Espagne réussit, pas à pas, à réduire son déficit extérieur. Comme vous pouvez-le voir, le cheminement est encore plus rapide au Portugal. Quant au redressement italien, il est spectaculaire. L’équilibre est désormais à portée de main. C’est juste une question de mois. Quant à la France, c’est la Bérézina : le déficit commercial parvient à peine à décoller de son plancher des 70 milliards d’euros. 70 milliards d’euros, c’est bien plus que les déficits espagnols, portugais et italiens réunis.

Mais il y a beaucoup plus troublant encore. L’Italie et l’Espagne sont en train de rééquilibrer leurs échanges avec l’Allemagne, j’ai bien dit l’Allemagne. La France de son côté se trouve dans une position très délicate. Avec un déficit cumulé de près de 40 milliards d’euros fin juillet sur les 12 derniers mois, jamais notre déficit n’a été aussi important avec nos voisins d’outre-Rhin.

Alors bien sûr, ce redressement du commerce extérieur des pays du Sud doit beaucoup à la baisse de leurs importations, conséquence mécanique de l’écrasement de leur demande intérieure. Une demande intérieure comprimée par le recul des salaires réels. Mais on aurait tort de croire que c’est la baisse des importations qui explique toute seule le redressement de la balance commerciale. Car, et j’attire là votre attention, les exportations des pays du sud progressent.

Ces pays disposaient déjà d’un avantage coût très favorable, face aux pays du nord, et face à la France. Mais la déflation salariale à marche forcée leur permet de renforcer cet atout pour être encore plus compétitifs et ainsi gagner des parts de marché. Pour faire bref, les pays du Sud s’adaptent à leur tour à l’euro. Une véritable dévaluation salariale est mise en place pour être les moins chers de la zone. Quant à l’Italie, elle dispose en plus de l’avantage d’avoir conservé des bastions sur des niches industrielles.

Alors, que peut faire la France pour retrouver sa compétitivité ? Faire également de la déflation salariale disent certains tout bas ! Mais à ce petit jeu là, il y aura toujours un pays du Sud pour avoir des coûts salariaux plus bas. Alors, comment produire moins cher, avant d’être en mesure de reprendre le chemin de la montée en gamme ?

Il faut d’urgence renforcer l’investissement, augmenter l’intensité capitalistique de nos entreprises pour faire des bonds de productivité. Mais pour cela, il nous faut absolument rétablir nos marges, parmi les plus basses en Europe. Dans l’urgence, pas d’autre solution qu’une baisse radicale et déterminée des charges sociales pour alléger le coût du travail. Il faut redresser la rentabilité de nos entreprises pour stimuler la prise de risque et l’innovation.

Mais le deal avec le patronat doit être très clair. Il doit résolument tirer parti de l’immense potentiel des technologies qui permettent d’automatiser les tâches répétitives. La France a un parc de robots et d’ordinateurs insuffisant, quantitativement et qualitativement. C’est la conséquence d’une décennie de sous-investissement. C’est sans doute là qu’il y a une carte à jouer pour surmonter nos handicaps.

Michel Volle

Auteur : Michel Volle
Publié le 3 Oct 2012 dans nos réflexions & propositions

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