Coût de l’incompétence bureautique en France : 8500 € par an/salarié

Jean-Philippe Déranlot

Auteur : Jean-Philippe Déranlot
Publié le 25 Oct 2016 dans iconomie

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En décembre 2005 l’article Les Français sont nuls en informatique (ITespresso, 16-12-2005) m’avait interpelé. Par mon métier de consultant-formateur sur les usages professionnels du numérique, je constate intuitivement que la barre de la compétence aux usages du numérique s’élève inexorablement. Et les entreprises n’ont pas conscience du coût que représente cette incompétence. Aussi je partage avec vous mon calcul de l’évolution du coût de l’incompétence bureautique française entre 2005 à 2016.

Le coût de l’incompétence est calculé sur le fait qu’une personne incompétente passe plus de temps qu’une personne compétente à faire un même travail. Ce temps perdu se chiffre directement dans la masse salariale de l’entreprise. A titre d’exemple, si on prend un cas d’école (arbitraire) où la personne compétente met 1 heure pour faire un compte-rendu avec Word (texte, tableaux, graphiques), et la personne incompétente mettrait 1H30, cette perte de temps représente 50% de masse salariale perdue.

NB : ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit : on n’est pas compétent à 100% le jour de son arrivée dans le monde du travail, et nous avons tous débuté avec la bureautique, moi le premier…

Préambule : mon calcul n’a pas d’autre prétention que de donner une valeur moyenne estimée. Je suis conscient qu’il est simpliste en regard de l’équation complexe qu’exigerait un ingénieur statisticien de l’ENSAE, qui plus est iconomiste 🙂

Cas appliqué de la Norvège (cf. article ITespresso)

L’organisme français estime qu’une entreprise norvégienne de 200 personnes gaspille quelques 850.000 euros par an du fait de la méconnaissance des outils bureautiques et du manque de compétences de ses employés, soit un coût de l’incompétence annuelle par salarié égal à 4.250 €

Cas appliqué de la France (cf. article ITespresso)

Vu que le taux d’échec des norvégiens au PCIE est de 28 % et celui des français de 47%, en appliquant une simple règle de 3 on peut considérer que le coût de l’incompétence annuelle par salarié – en France – est égal à 7.134 €

Calcul inverse pour la France

Pour vérifier que ce coût/an de l’incompétence bureautique moyenne française de 7.134 € n’est pas une ineptie, j’ai calculé ci-dessous le temps de travail correspondant perdu sur une journée :

  • Salaire mensuel moyen brut en France en 2005, source INSEE : 2.513 € (net 1.904 €)
  • Salaire annuel (12 mois) + charges employeur (45% du salaire net) : 40.437,60 €

Soit une part relative de l’incompétence bureautique de : 100 (7.134/ 40.437) = 17,64%

Ramené au « temps perdu » pour cause d’incompétence bureautique, ça représente 1H14 (74 minutes) sur une journée de 7 heures (420 minutes). Ce résultat n’est pas aberrant (même s’il est discutable), on peut donc constater que le coût annuel de l’incompétence bureautique française en 2005 était de 7.134 € (40.437,60 € x 17,64%)

Actualisation 2016 du coût de l’ « incompétence bureautique » (salaires source INSEE) :

  • Salaire mensuel moyen brut en France en 2013 = 2.912 € (net 2202 €)
  • Salaire annuel (12 mois) + charges employeur (45% du salaire net) en 2013 = 46.835 €
  • Par projection linéaire, salaire annuel moyen toutes charges comprises en 2016 = 49.237 €

Coût moyen annuel, par salarié, de l’incompétence bureautique en 2016 : 49.237 x 17,64% = 8.685 €

CQFD

Pour aller plus loin sur la situation de la formation professionnelle aux usages du numérique, je vous invite à lire mon article Le coût de l’incompétence informatique en France est de 8500 € par an/salarié (fourchette basse)

Jean-Philippe Déranlot

Auteur : Jean-Philippe Déranlot
Publié le 25 Oct 2016 dans iconomie

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Un commentaire : “Coût de l’incompétence bureautique en France : 8500 € par an/salarié”

  1. […] Les Français sont nuls en informatique ; calcul dont vous trouverez le détail dans cet article de l’Institut de l’iconomie. Précision : mon calcul n’a pas d’autre prétention que de donner une valeur moyenne. […]

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