L’iconomie et l’entreprise « libérée »

Michel Volle

Auteur : Michel Volle
Publié le 7 Mai 2017 dans entreprise de l'iconomie

Les travaux sur l’iconomie ont fait apparaître la nécessité d’un « commerce de la considération » et précisé les exigences qui s’imposent à l’entreprise libérée :

  • la considération est le respect en action. Elle se définit ainsi : « écouter celui qui parle en faisant un effort sincère pour comprendre ce qu’il veut dire » ;
  • le commerce de la considération est un échange équilibré : on amorce ce commerce en offrant sa considération, on le rompt si l’on ne reçoit pas en retour une considération équivalente ;
  • l’automatisation des tâches répétitives fait que l’emploi est passé de la main d’oeuvre au cerveau d’oeuvre, auquel l’entreprise confère un droit à l’initiative et délègue des responsabilité ;
  • l’emploi du cerveau d’oeuvre nécessite que l’entreprise reconnaisse et cultive la compétence de ses agents ;
  • la délégation de responsabilité n’est supportable pour un agent que si elle est accompagnée de la délégation d’une légitimité (droit à l’erreur, droit à l’écoute) bien proportionnée à sa responsabilité ;
  • un cerveau humain ne peut d’ailleurs fonctionner que s’il sait pouvoir se faire entendre : il s’éteindra bientôt chez un concepteur dont les avis et alertes ne sont pas entendus, chez un agent de la première ligne dont les comptes rendus tombent dans le vide ;
  • la légitimité cesse donc d’être le monopole des managers et dirigeants : la relation hiérarchique, qui sacralise la fonction de commandement, est remplacée par une animation.
*     *

La relation hiérarchique était raisonnable lorsque l’entreprise encadrait une main d’oeuvre nombreuse dont elle laissait le cerveau en jachère. Les organisations s’y sont habituées et comme elle a l’apparence de la rigueur et du sérieux, celui qui la contredit prend le risque de passer pour un anarchiste et d’être traité en conséquence.

La plupart des entreprises parlent de coopération, d’organisation horizontale ou en réseau, mais dans la pratique leur fonction de commandement reste hiérarchique. Cela entrave et parfois interdit la coopération de personnes appartenant à des directions différentes.

Cette contradiction entre ce que l’entreprise dit et ce qu’elle fait révèle la lutte confuse qui se déroule dans les consciences entre les contraintes commodes de l’organisation habituelle et les exigences émergentes, mais complexes, du commerce de la considération.

L’entreprise ne pourra avancer que si son stratège sait trouver, dans la structure des valeurs qu’elle a héritées de son histoire, le point sur lequel il convient de poser le levier symbolique qui la fera bouger.

Voici deux exemples d’« entreprises libérées ». Leur action prouve qu’il est possible de mettre en pratique le « commerce de la considération » :

Michel Volle

Auteur : Michel Volle
Publié le 7 Mai 2017 dans entreprise de l'iconomie

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